Accueil > Actualités > Virus Ebola - Point de situation Afrique de l'Ouest au 24 septembre 2014

Virus Ebola - Point de situation Afrique de l'Ouest au 24 septembre 2014

 

Le 22 mars 2014, le ministère de la santé guinéen a notifié à l’OMS une épidémie de fièvre hémorragique virale (FHV) liée au virus Ebola, souche « Zaïre », dans le sud de la Guinée. Depuis le début de l’année 2014, des cas de FHV à virus Ebola sont rapportés en Guinée. Fin mars, l’épidémie s’est propagée au Liberia et au Sierra Leone voisins. Depuis fin juillet, le Nigéria est le 4ème pays de la région à signaler des cas autochtones confirmés de FHV liés à Ebola.

C’est la première fois que des cas de FHV liés à Ebola sont rapportés dans ces pays d’Afrique de l’Ouest. Des cas sporadiques avaient été rapportés en Côte d’Ivoire en 1994 mais cette FHV est généralement rapportée en Afrique centrale. Il est important de rappeler que, dans la région, d’autres pathologies endémiques telles que le paludisme ou d’autres virus responsables de FHV circulent (FHV de Lassa ou la fièvre jaune) et peuvent compliquer le diagnostic. L’épidémie actuelle est sans précédent tant du point de vue du nombre de cas rapportés, de l’étendue géographique et de la transmission avérée en zone urbaine.

Au total, au 24 septembre 2014, 5 762 cas et 2 793 décès ont été rapportés (létalité observée de 48,5%) dans les 5 pays affectés, en Afrique de l’Ouest

(cf. tableau, cf. graphe)

Nombre de cas et de décès d’Ebola rapportés à l’OMS au 24/09/2014. (source OMS)

Pays

Nb cas total

Nb de décès

Létalité observée

Guinée

965

623

64,6%

Libéria

3022

1578

52,2%

Sierra Léone

1753

584

33,3%

Nigéria

21

8

38,1%

Sénégal

1

0

0

Source OMS - données au 18/09/14 (http://www.afro.who.int/fr/groupes-organiques-et-programmes/ddc/alerte-et-action-en-cas-depidemie-et-de-pandemie/flambees-epidemiques.html (consulté le 23/09/2014))

Nombre de cas rapportés à l’OMS, par date de déclaration par pays touché par l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, au 24/09/2014

Nombre de cas rapportés à l’OMS, par date de déclaration par pays touché par l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, au 24/09/2014

Source : InVS – OMS : données au 18/09/2014 (semaine 38)
  • En Guinée des cas ont été rapportés initialement en Guinée forestière, au sud-est du pays, épicentre de l’épidémie (à Guekedou, Macenta et à Kissidougou). Depuis la semaine dernière, plusieurs districts ne rapportent pas de nouveaux cas dont celui de Macenta. L'épidémie est toujours active autour de Conakry. Les districts frontaliers avec le Mali (dans le nord-ouest de la Guinée) n'ont toujours pas enregistré de nouveau cas depuis plus de 21 jours. Toutefois, la situation épidémiologique actuelle ne permet pas de conclure à une réduction des cas dans le pays. Le district de Dalaba est affecté pour la première fois depuis le début de l'épidémie.
  • En Sierra Léone, l'épidémie continue sa progression dans la majeure partie du pays. Les autorités sanitaires de la Sierra Léone ont imposé 3 jours de mise en quarantaine dans les zones de transmission active du virus.
  • Au Libéria reste à ce jour le pays le plus affecté en nombre de cas et de décès totaux et de nouveaux cas rapportés par semaine. Un nouveau district (Maryland) a été touché, frontalier avec la Cote d'Ivoire au sud-est du pays.
  • Au Nigéria, aucun nouveau cas n'a été rapporté dans les deux zones affectées du pays (Lagos et Port Harcourt) depuis les 15 derniers jours.
  • Au Sénégal, le seul cas confirmé d’Ebola qui provenait de Guinée est rétabli. A ce jour l'OMS suit 74 personnes-contact de ce cas, dont aucun n'a été testé positif pour Ebola. L’OMS rappelle que 42 jours après l'apparition du premier cas (testé positif le 27 août 2014) sont nécessaires pour déclarer l’épidémie éradiquée dans le pays.

Tous ces éléments témoignent de la persistance d’une transmission communautaire de l’infection au virus Ebola en Afrique de l’Ouest.

L'OMS souligne à nouveau, cette semaine, la forte proportion de professionnels de santé infectés par le virus Ebola dans les 4 pays touchés (337 cas dont 181 décès)2. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation, notamment la pénurie de personnels, de matériel de protection, le manque de formation et d’information des médecins ou infirmières sur place, notamment dans les endroits éloignés des grandes villes.

2 http://www.who.int/csr/disease/ebola/ebola-6-months/introduction/fr/ (consulté le 23/09/2014)

Au niveau mondial :

Le 19 septembre 2014, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni pour créer une mission d'urgence de santé publique qui a pour objectfs de collecter des fonds et d'apporter un soutien scientifique à l'OMS. Le Conseil de sécurité de l’ONU a qualifié  l'épidémie d'Ebola de menace à la paix et à la sécurité internationales.

Le 8 août 2014, le comité d’urgence du RSI a déclaré l’épidémie actuelle d’Ebola en Afrique de l’Ouest comme une Urgence de Santé Publique de Portée Internationale (USPPI). La situation sera réévaluée après 3 mois.

En lien avec les traitements expérimentaux :

Le 5 septembre 20143, l’OMS a organisé une consultation d’experts sur les possibilités actuelles de traitements et de vaccination contre le virus Ebola. L’usage de la transfusion sanguine et de sérum de convalescents a été jugé comme prioritaire pour le traitement. D’autre part, des études de toxicité débutées aux USA sur deux vaccins vont également commencer en Afrique et en Europe mi-septembre 2014. Les conclusions sont attendues en novembre 2014. L’usage de nouvelles thérapies comme la thérapie génique, les anticorps monoclonaux ainsi que des médicaments utilisés dans d’autres maladies, a été envisagé. Certaines ont montré des résultats prometteurs chez le singe mais aussi chez des patients atteints d’Ebola. Cependant, le nombre de test est insuffisant pour établir une conclusion sur leur efficacité.

3 http://who.int/mediacentre/news/statements/2014/ebola-therapies-consultation/en/

En lien avec les voyages et risques de transmission/importation :

  • L’OMS n’a pas, à ce jour, émis de restrictions de voyage à destination de ces pays, cependant un certain nombre de pays, dont la France, ont recommandé à leurs ressortissants d’éviter les déplacements dans les pays où des cas de fièvre hémorragique à virus Ebola sont avérés (Guinée, Sierra Leone, Libéria, Nigéria). Le 14 août 2014, l’OMS a rappelé que les voyages par avion ne présentent qu’un faible risque de transmission de la maladie à virus Ebola puisque la transmission du virus ne se fait que par contact direct avec des liquides biologiques d’une personne malade. Les voyageurs à destination ou de retour de ces pays peuvent trouver des informations sur les recommandations sanitaires dans le présent dossier ainsi que des informations "voyageurs" sur le site du MAEE.
  • Le risque d’importation du virus Ebola par le biais des voyageurs au sein de l’Union européenne ou en France est très faible mais ne peut être totalement exclu.
  • Les mesures de prévention doivent être néanmoins rappelées, notamment pour les personnes amenées à prendre en charge des patients atteints de la maladie (pas de contact avec le sang, les tissus ou les liquides biologiques de personnes/animaux infectés).

Les voyageurs à destination ou de retour de ces pays peuvent trouver des informations sur les recommandations sanitaires dans le présent dossier ainsi que des informations "voyageurs" sur le site du ministère des Affaires étrangères.

La situation épidémiologique est suivie avec attention et fait actuellement l’objet de publication régulière dans le bulletin hebdomadaire international (BHI) bulletins hebdomadaires internationaux. Des bilans épidémiologiques peuvent être aussi retrouvés sur le site de l’OMS : http://who.int/csr/don/en/.

Plus d’information pour les professionnels de santé :

Carte. Epidémie de fièvre Ebola en Afrique de l’Ouest (InvS – données OMS au 23/09/2014)

Carte. Epidémie de fièvre Ebola en Afrique de l’Ouest (InVS – données OMS au 23/09/2014)

Cette carte se base sur les informations disponibles à l’OMS à un temps donné : la situation épidémiologique étant évolutive, il se peut que certaines informations soient modifiées ou ne soient plus valables d’une semaine à l’autre.

 

source: bulletin hebdo INVS

   Impression  Impression
Haut de page