Fièvre hémorragique virale (FHV) à virus Ebola - Point de situation Afrique de l'Ouest au 17 septembre 2014

 

virus Ebola

Le 22 mars 2014, le ministère de la santé guinéen a notifié à l’OMS une épidémie de fièvre hémorragique virale (FHV) liée au virus Ebola, souche « Zaïre », dans le sud de la Guinée. Depuis le début de l’année 2014, des cas de FHV à virus Ebola sont rapportés en Guinée. Fin mars, l’épidémie s’est propagée au Liberia et au Sierra Leone voisins. Depuis fin juillet, le Nigéria est le 4ème pays de la région à signaler des cas autochtones confirmés de FHV liés à Ebola.

C’est la première fois que des cas de FHV liés à Ebola sont rapportés dans ces pays d’Afrique de l’Ouest. Des cas sporadiques avaient été rapportés en Côte d’Ivoire en 1994 mais cette FHV est généralement rapportée en Afrique centrale. Il est important de rappeler que, dans la région, d’autres pathologies endémiques telles que le paludisme ou d’autres virus responsables de FHV circulent (FHV de Lassa ou la fièvre jaune) et peuvent compliquer le diagnostic. L’épidémie actuelle est sans précédent tant du point de vue du nombre de cas rapportés, de l’étendue géographique et de la transmission avérée en zone urbaine.

Virus Ebola: Au total, au 17 septembre 2014, 4 985 cas et 2 461 décès ont été rapportés (létalité observée de 47,5%) dans les 5 pays affectés, en Afrique de l’Ouest

(cf. tableau, cf. graphe).

Nombre de cas et de décès d’Ebola rapportés à l’OMS au 17/09/2014. (source OMS)

Pays

Nb cas total

Nb de décès

Létalité observée

Guinée

936

568

63,2%

Libéria

2407

1296

53,8%

Sierra Léone

1620

536

36,3%

Nigéria

21

8

38,1%

Sénégal

1

0

0

Source OMS - données au 13/09/14 (http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/133546/1/roadmapupdate16sept14_eng.pdf?ua=1)

Nombre de cas rapportés à l’OMS, par date de déclaration par pays touché par l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, au 17/09/2014

nombre de cas rapportés à l’OMS, par date de déclaration par pays touché par l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, au 17/09/2014

Source : InVS – OMS : données au 13/09/2014 (semaine 37)
  • En Guinée des cas ont été rapportés initialement en Guinée forestière, au sud-est du pays, épicentre de l’épidémie (à Guekedou, Macenta et à Kissidougou). Les districts les plus touchés la semaine dernière sont principalement regroupés autour de l’épicentre de l’épidémie (Guékedou, Macenta, Kérouané) ainsi qu’à Dubreka, un district proche de Conakry. Les districts frontaliers avec le Mali n’ont pas signalé de nouveau cas depuis plus de 21 jours.
  • En Sierra Léone, tous les districts sauf Koinadugu (situé au nord près de la frontière avec la Guinée) ont rapporté des cas de virus Ebola depuis le début de l’épidémie.
  • Au Libéria, depuis le début de l’épidémie, au moins 6 districts sur 15 ont été affectés : Bomi, Bong, Lofa (frontalier avec la Guinée), Margibi, Montserrado (incluant la capitale Monrovia) et Nimba (proche de la Côte d’Ivoire). C’est depuis plus d’un mois le pays qui rapporte le plus grand nombre de nouveaux cas.
  • Au Nigéria, aucun nouveau cas n’a été rapporté depuis une semaine, ni à Lagos, où était décédé le premier cas d’Ebola (un homme infecté au Libéria qui avait voyagé en avion jusqu’à Lagos) dans le pays le 31 juillet 2014, ni à Port Harcourt, ville côtière située à plus de 600 kms de Lagos où deux décès avait également été rapportés. 
    Selon l’OMS, plus de 400 personnes ayant eu un contact avec un cas d’Ebola sont actuellement suivies dans ces deux villes.
  • Au Sénégal, un premier cas d’Ebola confirmé biologiquement, importé, a été rapporté par les autorités sanitaires sénégalaises le 29 août 2014. L’OMS indique cette semaine que ce patient, un étudiant Guinéen de 19 ans, est aujourd’hui rétabli et sur le point de sortir de l’hôpital de Dakar où il a été pris en charge. Au 10 septembre, selon l’OMS, aucune des 67 personnes suivies pour avoir été en contact avec ce cas n’ont développé la maladie.

Tous ces éléments témoignent de la persistance d’une transmission communautaire de l’infection au virus Ebola en Afrique de l’Ouest.

L'OMS souligne à nouveau, cette semaine, la forte proportion de professionnels de santé infectés par le virus Ebola dans les 4 pays touchés (303 cas dont 145 décès). Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation, notamment la pénurie de personnels, de matériel de protection, le manque de formation et d’information des médecins ou infirmières sur place, notamment dans les endroits éloignés des grandes villes.

Au niveau mondial :

Le 16 septembre 2014, la présidente de MSF international a réitéré l'appel lancé une première fois il y a quelques semaines : «La réponse à l'Ebola continue à accuser un retard dangereux, a-t-elle dit à Genève. Nous commençons à manquer de temps pour freiner cette épidémie. Nous avons besoin de l'implication de plus de pays, nous avons besoin d'un déploiement plus important et nous en avons besoin maintenant».

Le 8 août 2014, le comité d’urgence du RSI a déclaré l’épidémie actuelle d’Ebola en Afrique de l’Ouest comme une Urgence de Santé Publique de Portée Internationale (USPPI). La situation sera réévaluée après 3 mois.

En lien avec les traitements expérimentaux :

Le 5 septembre 20142 , l’OMS a organisé une consultation d’experts sur les possibilités actuelles de traitements et de vaccination contre le virus Ebola. L’usage de la transfusion sanguine et de sérum de convalescents a été jugé comme prioritaire pour le traitement. D’autre part, des études de toxicité débutées aux USA sur deux vaccins vont également commencer en Afrique et en Europe mi-septembre 2014. Les conclusions sont attendues en novembre 2014. L’usage de nouvelles thérapies comme la thérapie génique, les anticorps monoclonaux ainsi que des médicaments utilisés dans d’autres maladies, a été envisagé. Certaines ont montré des résultats prometteurs chez le singe mais aussi chez des patients atteints d’Ebola. Cependant, le nombre de test est insuffisant pour établir une conclusion sur leur efficacité.

2 http://who.int/mediacentre/news/statements/2014/ebola-therapies-consultation/en/

En lien avec les voyages et risques de transmission/importation :

  • L’OMS n’a pas, à ce jour, émis de restrictions de voyage à destination de ces pays, cependant un certain nombre de pays, dont la France, ont recommandé à leurs ressortissants d’éviter les déplacements dans les pays où des cas de fièvre hémorragique à virus Ebola sont avérés (Guinée, Sierra Leone, Libéria, Nigéria). Le 14 août 2014, l’OMS a rappelé que les voyages par avion ne présentent qu’un faible risque de transmission de la maladie à virus Ebola puisque la transmission du virus ne se fait que par contact direct avec des liquides biologiques d’une personne malade. Les voyageurs à destination ou de retour de ces pays peuvent trouver des informations sur les recommandations sanitaires dans le présent dossier ainsi que des informations "voyageurs" sur le site du MAEE.
  • Le risque d’importation du virus Ebola par le biais des voyageurs au sein de l’Union européenne ou en France est très faible mais ne peut être totalement exclu.
  • Les mesures de prévention doivent être néanmoins rappelées, notamment pour les personnes amenées à prendre en charge des patients atteints de la maladie (pas de contact avec le sang, les tissus ou les liquides biologiques de personnes/animaux infectés).

Les voyageurs à destination ou de retour de ces pays peuvent trouver des informations sur les recommandations sanitaires dans le présent dossier ainsi que des informations "voyageurs" sur le site du ministère des Affaires étrangères.

La situation épidémiologique est suivie avec attention et fait actuellement l’objet de publication régulière dans le bulletin hebdomadaire international (BHI) bulletins hebdomadaires internationaux. Des bilans épidémiologiques peuvent être aussi retrouvés sur le site de l’OMS : http://who.int/csr/don/en/.

Plus d’information pour les professionnels de santé :

Carte. Epidémie de fièvre Ebola en Afrique de l’Ouest (InvS – données OMS au 10/09/2014)

Carte. Epidémie de fièvre Ebola en Afrique de l’Ouest (InVS – MAJ le 10/09/2014)

 

Source: Bulletin INVS

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