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Nouveau virus grippal A(H7N9), nouvelles nuances...

 

Une des principales caractéristiques des virus grippaux est la facilité de se transformer par mutation ou recombinaison de gènes, à partir de virus existants. On craint donc que ce H7N9 finisse par acquérir la facilité de transmission inter-humaine tout en conservant une forte virulence. Ceci nous rapproche de la problématique de la grippe aviaire (H5 N1), qu'on connait maintenant depuis une dizaine d'années. Le H7N9 a en outre pu être identifié chez des volatiles, autre point commun avec la grippe aviaire.

En quoi réside alors la différence?

 
Quatre différences importantes sont soulignées sur les premières données:
 
- La diffusion de la maladie est localement plus rapide : depuis le 31 mars, soit depuis un peu plus d'un mois, au 14 mai 2013, on dénombre 132 cas évoluant en cercles concentriques centrés sur Shanghaï, à titre de comparaison, 623 cas de grippe aviaire H5N1 ont été dénombrés de façon progressive sur les 10 dernières années, dont 45 cas en Chine.
 
- Ce qui a inquiété à juste titre pour la grippe aviaire H5N1 est l'importance de la mortalité, en effet sur les 623 cas,371 sont décédés, soit plus de 50%, expliquant que  tous les chefs d'états ou d'entreprises se préparent activement à une large diffusion inter-humaine de cette maladie. Cette menace reste bien réelle. Ni le H1N1 méxicain de 2009, ni l'actuel H7N9 ne remettent en cause ce risque potentiel lié à la grippe aviaire H5N1, qu'il ne  faut donc  pas oublier. La létalité du H7N9 est moindre mais tout de même conséquente de l'ordre de 26%. On peut espérer que cette proportion diminue avec le temps, mais cette tendance n'est pas évidente pour l'instant.
 
- Troisième différence importante : les oiseaux identifiés comme porteurs du virus H7N9 ne montrent par ailleurs aucun signe de maladie, ils sont donc porteurs sains, mais quand même transmetteurs de la maladie. Avec H5N1 les règles de prévention restaient relativement simples: ne pas toucher aux oiseaux morts. La présence de volatils malades ou morts pouvait conduire à incirer la toralité d'un élevage. Cette différence est susceptible de limiter les moyens de lutte et donc de favoriser la diffusion de la maladie. On ne sait pas non plus pour l'heure; si d'autres animaux sont concernés.
 
- Quatrième différence : l'infection H7N9, touche 2.5 fois plus les hommes que les femmes (71%). Il n'y a pas d'explications claires à ce jour.
 
La situation est suivie attentivement par l'OMS et des experts internationaux, dont ceux du CIRAD pour ce qui concerne la France. Avec la facilité des transports internationaux des cas peuvent être retrouvés partout dans le monde. Tout médecin doit donc être vigilant et signaler à l'InVS (institut de veille sanitaire) un cas possible (alerte@invs.sante.fr : 08 20 42 67 15 7 jours/7, 24h/24). Le nombre de cas limité, rapporté à la densité de la population chinoise, reste tout de même pour l'instant un élément rassurant.
 
 

Que faut-il faire?

- Il est sans doute prudent de revoir où en sont les stocks de masques et les règles d'hygiène individuelles restent valables en voyage, notamment le lavages des mains avec la solution hydro-alcoolique.

 
- Aucun vaccin n'est disponible pourl'instant. Cet évènement vient renforcer le principe suivi depuis plusieurs années d'une vaccination contre la grippe saisonnière, pour les expatriés vers l'Asie, afin de limiter les questions de diagnostics différentiels et les mises en quarantaine inapropriées, afin de limiter le risque de rencontre chez le même individu d'un virus de grippe saisonnière et d'un virus d'origine aviaire, modalité d'émergence d'un virus recombiné menaçant et aisément transmissible d'homme à homme. La question de la vaccination contre le pneumocoque, germe de surinfection frèquent au cours des grippes peut se poser, notamment chez les patients à risque, sujets âgés ou porteurs de maladies cardio-respiratoires chroniques. Ceci en attendant l'élaboration d'un vaccin spécifique.
 
 - Les quelques souches virales testées se seraient révélées sensibles à l'oseltamivir* et au zanamivir*, cela est rassurant, même si leur action anti-virale, n'est pas à la hauteur d'un antibiotique actif sur une bactérie et même si le risque d'émergeance de virus résistant est réel.
 
- Une information continue est indispensable pour tous les acteurs de santé ainsi que leur volonté déterminée de se sentir précisément acteurs en toutes circonstances et d'éviter les messages cacophoniques, facteurs déterminants dans tout contexte épidémique.
 
Site du ministère de la santé: http://www.sante.gouv.fr/informations-sur-la-grippe-a-h7n9.html
Site de l'InVS: http://www.invs.sante.fr/
Site du minstère des affaires étrangères: http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/chine-12226/
Site du CIRAD: http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/communiques-de-presse/2013/grippe-aviaire
 

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