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Epidémie de méningite au Niger

Au Niger, selon le ministère de la santé, la méningite à méningocoque continue à sévir (nouvelle du 1° mai 2015). Plus de 3 600 cas suspects de méningite dont 265 décès ont été enregistrés depuis le début de l'année, soit une létalité (proportion de décès parmi les cas) de 7 %. Les enfants âgés de 2 à 15 ans sont les plus atteints. Niamey, la capitale du Niger, est la zone plus touchée avec 135 décès. 

Rappelons que le Niger est un pays de la ceinture de la méningite (ou ceinture de Lapeyssonnie, médecin militaire qui l'a décrite), qui s'étend en Afrique sub-saharienne de l'Éthiopie à l'est jusqu'au Sénégal à l'ouest. C'est dans cette zone géographique que l'on enregistre les taux d'incidence de la méningite à méningocoque les plus élevés du monde (jusqu'à 300 cas pour 100 000 personnes par an). L'infection y est saisonnière et sévit entre les mois d'octobre et juin, lorsque souffle l'Harmattan, un vent chaud, sec et poussiéreux qui fragilise les muqueuses respiratoires.

Selon le Centre de recherche médicale et sanitaire (CERMES), laboratoire national de référence, les méningocoques de sérogroupe C représentent au cours de l'épidémie actuelle 66 % des isolats obtenus, contre 17 % pour le sérogroupe W. Cette situation épidémiologique est inédite, les méningocoques en cause dans la ceinture de la méningite appartenant habituellement aux sérogroupes A ou W (auparavant dénommé W135). C'est la raison pour laquelle les vaccins couramment utilisés en Afrique ne contiennent pas le sérogroupe C. Cette émergence du méningocoque C devrait donc amener les autorités sanitaires à modifier la stratégie actuelle de prévention vaccinale contre les infections invasives à méningocoque dans les pays concernés.

Les responsables sanitaires du Niger mènent des campagnes de sensibilisation. La réponse mise en place par le gouvernement consiste d'une part à prendre en charge rapidement les cas suspects de méningite, et d'autre part à protéger la population à risque (enfants et adolescents âgés de 2 à 15 ans) par la vaccination.

Or le Niger est confronté à une pénurie de vaccins sur le marché international. Aujourd'hui seulement 300 000 doses, sur les 1,2 millions nécessaires, ont pu être achetées et sont arrivées à Niamey. 

Pour les voyageurs, le ministère français des affaires étrangères recommande fortement la vaccination contre la méningite avant de se rendre auNiger, mais aussi pour se rendre au nord du Bénin, en raison des risques d'extension de l'épidémie dans cette zone. 

Il est recommandé de vacciner les voyageurs avec un vaccin méningococcique quadrivalent conjugué (Menveo ou Nimenrix). 

Sources : Ministère français des affaires étrangères ; médias locaux ; Promed. - medecinedesvoyages.net

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