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Journée mondiale du cancer, 2014

Le CIRC vient, en ce début 2014, de publier son troisième rapport depuis 2003 (1)

 En 2012, près de 14 millions de nouveaux cas de cancer ont été dépistés dans le monde et 8,2 millions de personnes en sont décédées. On estime que ces chiffres seront respectivement de 22 et 13 millions d’ici 2030. Les cancers du poumon, du foie, de l'estomac, le cancer colorectal restent aux premières places en termes de mortalité. Le vieillissement de la population et la difficulté d’accéder aux traitements dans de nombreux pays en voie de développement tendent à majorer le nombre de cas de décès par cancer dans les années à venir. Dès à présent, 60 % du nombre total des cancers et surtout 70% des décès par cancer sont enregistrés en Afrique, Asie ou Amérique Centrale et du Sud. Ces pays ont un double fardeau :
    -d’une part, ils conservent très largement les risques des cancers liés aux infections : cancer du foie (virus de l'hépatite B), du col de l'utérus (Papillomavirus), de l'estomac (Helicobacter Pylori).
    -d’autre part, ils associent de plus en plus les facteurs connus dans les pays industrialisés : le rôle majeur du tabac, les facteurs alimentaires, l'alcoolisme, l'obésité, la sédentarité et la pollution atmosphérique.

 Face à ces données, la prévention et, dans certains cas, un dépistage et un traitement ultra-précoces (comme pour le cancer du col), sont pour de nombreux pays les seules mesures économiquement accessibles. Pour l'Union Internationale contre le Cancer (Union of International Cancer Control - UICC), 40% de l’ensemble des cancers seraient évitables en se focalisant sur les facteurs de risques. Pour l'OMS, le tabac est le facteur de risque le plus important, impliqué à lui seul dans 22% de la mortalité par l'ensemble des cancers, et 71% de la mortalité par cancer du poumon. Par ailleurs, près de 20 % des cancers sont liés au virus de l'hépatite B et au Papillomavirus, que l’on peut prévenir par des vaccinations.

Présentation du troisième plan cancer (2014-2019), par le Président de la République, lors du séminaire de l'INCa (2).

 Ce plan est riche et peut être consulté dans son intégralité sur le site de l'INCa. Les objectifs sont ambitieux, car, avec 148 000 décès en 2012 (3), le cancer reste la première cause de mortalité en France. Cette notion est à opposer au fait qu’à présent, en France, plus d’un cancer sur deux guérit, ce qui témoigne des progrès déjà accomplis.

 Dans ses grandes lignes, ce plan cancer s'inscrit dans une parfaite continuité des deux plans précédents, il a pour objectifs de faciliter l'accès aux soins pour tous, d’améliorer le parcours de soin et la qualité de vie pendant le traitement initial et au-delà, de réduire les inégalités, tant sur le plan territorial qu'en fonction des classes socio-économiques et de faire bénéficier le plus grand nombre des progrès considérables de la recherche (génomique, thérapies ciblées...).

 Une grande place est réservée à la prévention et au dépistage à une phase précoce, où les chances de guérison sont très élevées, avec des traitements à la fois moins lourds et plus efficaces. Les leçons à tirer pour le monde, le sont également pour la France, en termes économiques comme en termes de qualité de vie. Voici quelques extraits du plan, dans le domaine de la prévention :

Le tabac est le premier facteur de risque évitable de cancers en France, responsable à lui seul de près de 30 % des décès par cancer. Plus de 30 % des français restent fumeurs et on enregistre même une augmentation paradoxale, alors qu'ils sont 22 % en Grande-Bretagne, moins de 20 % aux États-Unis et 16 % en Australie. L'objectif du plan est de passer sous la barre des 20 % de fumeurs dans les 10 ans et ainsi de sauver près de 15 000 vies chaque année. Un programme d’actions sera finalisé avant l’été 2014 et reposera sur quatre grands principes : éviter l’entrée dans le tabagisme en particulier chez les jeunes, faciliter l’arrêt du tabac grâce à un renforcement de l’aide au sevrage, faire de la politique des prix du tabac un outil au service de la santé publique et anticiper pour les buralistes l’impact de la diminution de la prévalence des fumeurs. Les recettes apportées par les hausses futures du prix des produits du tabac seront reversées à un fond dédié, destiné à la recherche sur le cancer, à sa prévention et à l'amélioration de sa prise en charge.

L’alcool, l’obésité et le surpoids, la consommation de viandes rouges et de charcuterie augmentent le risque de développer un cancer, tandis que l’activité physique régulière et la consommation de légumes et de fruits contribuent à le réduire.Le plan prévoit donc de faire appliquer l'interdiction de vente de boissons alcoolisées aux mineurs, de promouvoir l'éducation nutritionnelle et l'activité physique dès l'école maternelle.

Les virus des hépatites virales B et C sont responsables de la survenue d’un cancer du foie chez près d’un millier de personnes par an. La couverture vaccinale contre le virus de l’hépatite B doit donc être améliorée, en informant la population et les professionnels de santé sur la balance bénéfices-risques de la vaccination. Le dépistage des personnes exposées au risque d’hépatite B et C sera développé pour favoriser leur accès précoce à la prise en charge thérapeutique.

Lors d'un bilan réalisé au CMETE, le dépistage d'un éventuel cancer figure en bonne place. 

 En consultation, les antécédents familiaux sont abordés ainsi que les situations personnelles à risque (expositions professionnelles ou environnementales à des facteurs de risque toxiques, chimiques, physiques ou biologiques). Par exemple, le «capital soleil» est parfois conséquent. Tout symptôme spontanément évoqué est approfondi. Certains cancers peuvent être directement accessibles à l'examen clinique : cancers cutanés, du sein, de la prostate, du rectum, des testicules, cancers stomatologiques ou de la sphère ORL, atteinte des ganglions lymphatiques, de la thyroïde… La pratique de la photographie du revêtement cutané, à conserver dans le dossier médical personnel, est encouragée, ainsi que l'auto-examen périodique des seins. Une phlébite peut être constatée au décours voyage prolongé, lequel peut être à lui seul retenu comme un facteur favorisant, mais d’autres facteurs seront par principe évoqués, parmi lesquelles un cancer.

 Le bilan comporte une radiographie pulmonaire, dont la finalité principale est le repérage d’une éventuelle tuberculose dans les services médicaux des pays d’accueil, mais la découverte fortuite d'un cancer du poumon est possible.

 Parmi les données biologiques, l'hémogramme peut révéler directement une hémopathie maligne (leucémie) ou un signe indirect tel qu'une anémie. La détermination secondaire de la cause d’une anémie, peut aboutir au diagnostic de cancer. Un cancer peut être révélé par un syndrome inflammatoire biologique persistant, un pic de protéines anormales à l’électrophorèse. Les anomalies biologiques hépatiques révèlent très souvent une stéatose hépatique dans le cadre d'une obésité, beaucoup plus souvent qu'un cancer.
La sérologie de l'hépatite C est souvent réalisée lors du premier bilan au CMETE, de même que la sérologie de l'hépatite B, et cela pour deux raisons :
    -d’une part, ces maladies sont inapparentes, pour un tiers des cas, et alors découvertes par la seule analyse biologique.
    -d’autre part, leur traitement précoce peut réduire le risque d’évolution vers une cirrhose ou un cancer du foie.
Un cancer du rein peut être révélé par la présence de sang dans urines (hématurie). L'élévation des PSA (ou antigènes prostatiques spécifiques) peut révéler un cancer de la prostate à un stade précoce. Même si on attend avec impatience un marqueur plus spécifique et s’il existe une controverse sur ce point, nous conservons ce dépistage, en rappelant que la précocité du diagnostic est classée objectif numéro 1 dans le plan cancer 2014.
Il existe par ailleurs en biologie de très nombreux marqueurs tumoraux, qui n'ont pas lieu d'être réalisés dans le cadre d’un bilan systématique, le bénéfice de cette démarche n'ayant pas été démontré.

 D'autres examens peuvent être réalisés en fonction des orientations cliniques ou pour mettre en application les dépistages organisés par les instances de Santé publique française: mammographie, frottis de dépistage des anomalies du col utérin, recherche de sang dans selles par le test Hemoccult....

 La multiplicité des circonstances de diagnostic ne doit pas être inquiétante, mais elle doit attirer la vigilance pragmatique des patients et l’attention du médecin, car ces attitudes peuvent améliorer très sensiblement le pronostic global de la maladie cancéreuse.

 Les conclusions du bilan du CMETE sont en pratique, très souvent, rassurantes, mais il est important d’aborder ces questions chez un candidat à l’expatriation, au moment où il change radicalement de système de santé, ou à l'occasion d'une indispensable pause chez un voyageur professionnel perpétuellement entre deux avions.

Bibliographie:
1 - World Cancer Report 2014. IARC. Stewart, B.W., Wild, C.P.
2 - III° Plan cancer 2014-2019, INCa, 04 février 2014
3.-Les cancers en France, Edition 2013, INCa, 06 février 2014

 

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