Epidémie à virus Ebola - point hebdomadaire semaine du 24 novembre au 1er décembre 2014

Faits saillants :

> L’OMS rapporte un total de 16 907 cas (suspects, probables et confirmés) et 5 993 décès dans les 4 pays affectés d’Afrique de l’Ouest (Guinée, Libéria, Sierra-Léone et Mali). Ce total provient de la dernière actualisation de l’OMS du 1er décembre qui ne porte que sur le bilan total de cas et de décès. Les informations de ce Point Epidémiologique sur les tendances au plan infra national datent du 26 novembre (date de la dernière publication détaillée de l’OMS).

> Au Mali, où une transmission locale a été déclarée depuis 3 semaines dans la capitale Bamako, le bilan est de 8 cas et 6 décès.

> Les 3 pays les plus affectés (Guinée, Libéria et Sierra-Léone) rapportent de nouveaux cas répartis de façon très hétérogène selon les districts. Au plan national, la transmission reste la plus intense en Sierra-Léone. Au Libéria, la situation est stable au cours des 6 dernières semaines après la baisse observée de miseptembre jusqu’à mi-octobre. En Guinée, le nombre de nouveau cas est stable.

> La transmission dans les capitales Monrovia et Freetown reste soutenue alors qu’elle est en baisse à Conakry.

 

Situation épidémiologique dans les pays à transmission active

L’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola s’est déclarée le 19 mars 2014 au sudest de la Guinée. A ce jour, 3 pays rapportent une transmission active du virus Ebola: Guinée, Libéria et Sierra-Léone (Carte 1). 

> On observe une hétérogénéité de la situation épidémiologique entre les districts de chaque pays, essentiellement en Guinée et au Libéria. L’analyse de la situation au plan infranational est donc importante à considérer (Carte 1).

> Le nombre total de cas et de décès pour chaque pays est présenté dans le Tableau 1.

Autre pays d’Afrique de l’Ouest rapportant des transmissions locales

Mali :

Au 1er décembre, le bilan est de 8 cas (7 confirmés et 1 probable) et 6 décès. L’un des cas confirmés a été considéré gué-ri par les autorités sanitaires malienne (test Ebola négatif le 28 novembre). Tous les cas rapportés à Bamako proviennent de la même chaine de transmission débutée avec le cas index guinéen venu de Guinée pour se faire hospitaliser dans une clinique privée de Bamako. A ce jour, 285 contacts sont actuellement suivis par les autorités sanitaires.
Il s’agit des premiers cas de transmission locale de FHV à virus Ebola au Mali.
Ces cas ne sont pas épidémiologiquement liés (chaine de transmission différente) au premier cas importé de Guinée et rapporté dans le district de Kayes le 27 octobre 2014, où tous les contacts on terminé la période de suivi.
Le récapitulatif du nombre de cas et de décès est représenté dans le Tableau 2 :

Le district de Bamako a été ajouté aux zones à risque de la définition de cas sur le site de l’InVS le 14 novembre 2014.

Carte 1. Epidémie de fièvre Ebola en Afrique de l’Ouest (source OMS au 26/11/2014)

Cette carte se base sur les informations disponibles à l’OMS à un temps donné : la situation épidémiologique étant évolutive, il se peut que certaines informations soient modifiées ou ne soient plus valables d’une semaine à l’autre.

Guinée

Le nombre de nouveaux cas reste stable avec 170 nouveaux cas (confirmés + probables) rapportés dans l’en-semble du pays du 24 novembre au 1er décembre.
 La situation reste très hétérogène selon les districts. Dix sur 34 n’ont jamais rapporté de cas (alors que tous sont affectés au Libéria et en Sierra-Léone).
 Les districts proches de l’épicentre de l’épidémie (Macenta, Kérouané et N’Zérékoré), sont toujours la zone de transmission la plus active du pays.
 Le district de Siguiri, frontalier avec le Mali rapporte 3 nouveaux cas. Celui de Faranah, frontalier avec la Sierra Léone rapporte une nette augmentation.
 Dans la capitale Conakry, 6 nouveaux cas ont été rappor-tés au 23 novembre. Les districts voisins (Coyah, Dubreka et Kindia) ont tous signalé une augmentation du nombre de cas depuis ces 2 dernières semaines.

Libéria

Le Libéria est toujours à ce jour, le pays le plus affecté par l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest.
 Du 24 novembre au 1er décembre, 174 nouveaux cas (confirmés + probables) ont été rapportés au plan natio-nal. On observe une stabilité du nombre de nouveaux cas rapportés au cours des 5 dernières semaines après la baisse observée de mi-septembre jusqu’à mi-octobre.
 La situation est très hétérogène selon les districts : Le district de Montserrado (capitale Monrovia) rapporte plus de 60% des nouveaux cas enregistrés dans le pays. De-puis 4 semaines consécutives, le district de Lofa, frontalier avec le foyer initial de l’épidémie en Guinée n’a signalé aucun nouveau cas.

Sierra Leone

La transmission reste intense. L’OMS prévoit que le Léone nombre total de cas signalés en Sierra-Léone de-puis le début de l'épidémie atteindra bientôt celui du Libe-ria.
 Avec 679 nouveaux cas (confirmés + probables) c’est le pays qui déclare le plus de cas entre le 24 novembre et le 1er décembre.
 Le Nord et l’Ouest du pays sont les zones où la transmis-sion est la plus active, en particulier dans la capitale Freetown et les districts voisins de Bombali et Port Loko.
 Les districts situés à l’est du pays, près de l’épicentre de l’épidémie rapportent moins de cas ces dernières se-maines. Bonthe est le seul district à ne pas avoir rapporté de nouveaux cas dans la semaine précédent le 23 no-vembre.

Situation épidémiologique dans les autres pays

Etats-Unis :

Au total, les Etats-Unis ont rapporté quatre cas dont un décès. Le 4ème cas diagnostiqué aux Etats-Unis est sorti de l’hôpital (test Ebola négatif). Tous les contacts ont terminé leur période de suivi.
Espagne :

L’OMS a annoncé officiellement la fin de l’épidémie d’Ebola en Espagne le 2 décembre, soit 42 jours après le der-nier test Ebola négatif (21 octobre) chez le seul cas de transmission locale dans le pays
.
Nigéria et Sénégal :

L’OMS a annoncé la fin de l’épidémie respectivement le 17 et 19 novembre 2014.
| Autre information - Monde |
Le nombre de professionnels de santé affectés par le virus dans l'ensemble des pays touchés est de 592 (dont 58% au Libéria). Parmi eux, 340 sont décédés (létalité observée de 57,4%). Les premières enquêtes menées par l’OMS en Afrique de l’Ouest pour déterminer la source d’exposition des personnes indiquent que la plupart d’entre elles ont été contaminées hors des centres de traitement Ebola.

Mesures de contrôle mises en place

L’ONU a mis en place un plan de réponse de l’épidémie (UNMEER)(1) en partenariat avec l’OMS dans les 3 pays les plus affectés (Guinée, Libéria, Sierra-Léone). Les objectifs ont été fixés en fonction d’un calendrier à 60 jours (1er décembre 2014) et 90 jours (1er janvier 2015) à compter de la mise en place de ce plan.
Pour évaluer l’atteinte de ces objectifs, UNMEER a établi une liste de 9 indicateurs en lien avec la réponse. Les indica-teurs prioritaires sont en lien avec la gestion des malades et des décès (capacité d’accueil, isolement des cas, enterre-ments sécurisés) et sur la surveillance (capacité laboratoire et suivi des contacts).
Globalement, la réponse reste en deçà des besoins identifiés et des objectifs fixés, même s’il subsiste des incertitudes sur les données permettant le suivi des indicateurs.
La capacité d’accueil des patients (% de lits opérationnels) reste insuffisante voire très faible au regard des objectifs plani-fiés, allant respectivement de 27% à 33% des capacités d’accueil requises atteintes au niveau des Centres de Traitement Ebola et seulement de 0 à 3% des capacités d’accueil requises atteintes dans les centres de santé communautaire. Ce dernier indicateur est particulièrement important compte tenu des dernières données disponibles sur la dynamique de l’épidémie indiquant une multiplication de petits foyers dans des zones reculées.
En termes de capacité d’isolement des malades, seule la Guinée a atteint l’objectif des 60 jours avec 99% des cas (probables et confirmés) isolés alors que seul 23% des cas ont été isolés au Libéria et 40% en Sierra-Léone selon les don-nées renseignées dans ce pays.
Concernant la gestion des décès, l’indicateur établi (% d’équipes d’enterrement sécurisé formées et opérationnelles) in-dique que la Guinée est en mesure de remplir les objectifs (83 % du nombre d’équipes requis). En revanche, selon les dernières données disponibles au 09/11, les moyens sont encore insuffisants au Libéria (26%) et en Sierra Léone (27%).
Dans les 3 pays, 100% des districts affectés ont la capacité laboratoire de tester les cas dans les 24h.
Enfin, le pourcentage des contacts identifiés et suivis quotidiennement est bon sur le plan national (86 à 96%). Cependant, la proportion des contacts identifiés et rapportés est hétérogène selon les districts.
(1) UN Mission for Ebola Emergency Response

Situation épidémiologique dans les autres pays

Principales recommandations françaises :

Site du HCSP (avis relatif à la conduite à tenir autour des cas suspects de maladie Ebola, émis le 10 avril 2014) : - 1er avis http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=414 - 2ème avis (actualisé le 10/09/2014) http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=456
- Recommandations à l’intention des professionnels de santé des établissements de santé non établissements de santé de référence habilités (publié le 05/11/14) http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=459
Pour des informations supplémentaires et en particulier pour prendre connaissance de la définition de cas de l’InVS, veuillez consulter le dossier thématique :
Fièvre hémorragique à virus (FHV) Ebola sur le site internet de l’InVS

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