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Maladie à virus Ebola - Janvier 2015 Situation internationale - bulletin N°15

Points saillants:

L’OMS rapporte un total de 20 664 cas (suspects, probables et confirmés) et 8 159 décès dans les 4 pays actuellement affectés en Afrique de l’Ouest (Guinée, Liberia, Sierra Leone et
Mali).
Les 3 pays les plus affectés (Guinée, Liberia et Sierra Leone) rapportent de nouveaux cas répartis de façon très hétérogène selon les districts. La transmission est toujours la plus
intense en Sierra-Léone avec 337 nouveaux cas confirmés. Au Liberia, le nombre de nouveaux cas diminue au plan national depuis mi novembre. En Guinée, le nombre de nouveaux
cas est de 114 (au cours des 8 semaines précédentes, 75 à 156 nouveaux cas confirmés par semaine étaient rapportés). La transmission est toujours active dans les 3 capitales
Conakry, Freetown et Monrovia.
Dans les 3 pays les plus affectés, l’OMS estime la létalité à 71% chez les cas d’ Ebola pour lesquels l’évolution clinique finale est renseignée.
Au Mali, où une transmission locale a été déclarée depuis 5 semaines dans la capitale Bamako, le bilan est de 8 cas et 6 décès. Aucun nouveau cas n’a été rapporté depuis le 25 novembre. Du 3 au 9
janvier 2015 est célébrée la fête religieuse du Maouloud : plusieurs fidèles des régions du Mali et des pays voisins y participent. Cet évènement constitue un risque important pour une réintroduction
de la maladie Ebola au Mali et en particulier à Bamako.
Au Royaume-Uni, un premier cas a été confirmé le 29/12 chez une professionnelle de santé de retour de Sierra Leone.

Situation épidémiologique dans les pays à transmission active


L’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola s’est déclarée le 19 mars 2014 au sudest de la Guinée. A ce jour, 3 pays rapportent une transmission active du virus Ebola:
Guinée, Liberia et Sierra Leone (cf. carte 1), de façon très hétérogène selon les districts. L’analyse de la situation au plan infranational est donc importante à considérer (page 3).
Le nombre total de cas et de décès pour chaque pays est présenté dans le Tableau 1.

Autre pays d’Afrique de l’Ouest rapportant des transmissions locales

Mali :

Le bilan est de 8 cas (7 confirmés et 1 probable) et 6 décès. A Bamako, aucun nouveau cas n’a été rapporté depuis le 25 novembre. Le dernier patient traité est sorti guéri du centre de traitement le 6 décembre (date du 2ème test Ebola négatif). A compter de cette date, si aucun cas n’est rapporté dans les 42 jours, l’épidémie sera considérée comme terminée au Mali.
Pour rappel, les cas rapportés à Bamako n’étaient pas épidemiologiquement liés à celui de Kayes (rapporté le 27 octobre 2014). Les 433 contacts (Bamako et Kayes) ont tous terminé leur période de suivi. Le récapitulatif du nombre de cas et de décès est représenté dans le Tableau 2.
La fête religieuse du Maouloud à laquelle participent des fidèles de plusieurs régions du Mali et des pays voisins est un évènement qui constitue un risque important de réintroduction de la maladie à virus Ebola (MVE) au Mali et en particulier à Bamako. Ces festivités ont commencé le samedi 3 janvier et se termineront le vendredi 9 janvier 2015.
Tableau 2. Nombre de cas et de décès au Mali rapportés par l'OMS* le 31 décembre 2014
*Ces chiffres reposent sur les données disponibles à un temps donné par le Ministère de la Santé du Mali. Ils peuvent être sujet à changement, suite à une reclassification de cas, compte tenu de la situation épidémiologique très évolutive. † Cas total = cas confirmés + probables / ‡ Inclus les décès parmi l’ensemble des cas (confirmés + probables)

Guinée

La Guinée rapporte, cette semaine, 114 nouveaux cas de MVE (au cours des 8 semaines précédentes, 75 à 156 nouveaux cas confirmés par semaine étaient rapportés).
Le nombre de nouveaux cas dans le district du Kissidou-gou, dans le sud-ouest du pays, est de 14 contre 58 la semaine précédente.
La transmission est toujours persistante dans les districts proches de l’épicentre de l’épidémie (Macenta, Kérouané) mais diminue en intensité.
A Conakry, la transmission est toujours active (26 nou-veaux cas confirmés) ainsi que dans le district de Coyah, au sud de la capitale et Dubreka, au nord.
Les réticences des communautés dans certaines localités représentent toujours un défi majeur pour les acteurs lut-tant contre la MVE.

Liberia

Le nombre de cas diminue depuis mi-novembre avec 31 nouveaux cas rapportés dans l’ensemble du pays cette semaine.
Seuls quatre districts rapportent des nouveaux cas. La transmission est la plus intense dans celui de Montserrado (capitale Monrovia N =19 confirmés et 16 probables).
Au nord-est, le district de Lofa, frontalier avec le foyer initial de l’épidémie en Guinée n’a signalé aucun nouveau cas depuis 9 semaines consécutives.

SIerra Leone

La transmission reste intense avec 337 nouveaux cas confirmés dans la semaine précédant le 28/12. Toutefois, le nombre de nouveaux cas est en léger recul depuis 3 dernières semaines.
La transmission est la plus active dans les districts situés au nord et à l’ouest du pays (Port Loko et la ville de Freetown notamment). Depuis deux semaines, les autori-tés nationales en collaboration avec l’ONU et l’OMS ont renforcé les moyens dans ces régions (augmentation des capacités d’accueil et de traitement, formation du person-nel soignant), en particulier dans la capitale Freetown (qui rapporte plus d’1/3 des nouveaux cas).
A l’est, le district de Kono, frontalier avec celui de Gueckedou en Guinée rapporte 39 nouveaux cas (plus forte incidence depuis le début de l’épidémie) ainsi que celui de Tonkolili rapportant 13 nouveaux cas confirmés.

Situation épidémiologique dans les autres pays

L’OMS a annoncé la fin de l’épidémie d’Ebola le 2 décembre en Espagne, le 17 octobre au Nigéria et le 19 octobre au Séné-gal.
Etats-Unis : Au total, les Etats-Unis ont rapporté quatre cas dont un décès.
Royaume-Uni (Glasgow): un premier cas a été confirmé le 29 décembre chez une professionnelle de santé de retour de Sierra Leone. Le suivi des contacts est en cours : au 2 janvier 2015, 191 passagers des vols communs avec la patiente ont été contactés.


Professionnels de santé

Le nombre de professionnels de santé affectés par le virus dans les trois pays les touchés d’Afrique de l’Ouest est de 678 (dont 369 au Libéria). Parmi eux, 375 sont décédés. 

Mesures de contrôle mises en place dans les 3 pays les plus affectés d’Afrique de l’Ouest

Les moyens mis en place dans le cadre du plan UNMEER(1) visant, au 1er janvier 2015, à isoler, traiter 100% des cas d’Ebola et enterrer de manière sécurisée 100% des cas décédés, continuent de progresser.
Sur un plan national, l’OMS annonce que chacun des 3 pays a maintenant la capacité suffisante d’isoler les patients et d’enterrer les cas décédés de manière sécurisée. De plus, les 3 pays assurent suivre plus de 90% des contacts de cas connus d’Ebola.
Cependant, cela masque de grandes disparités au plan régional. Selon les districts, l’adéquation est inégale entre le nombre de cas rapportés et la capacité d’accueil et d’isolement (capacité qui prend en compte les centres de traitements spécialisés (CTE) et les centres de soins généralistes). De plus, le nombre de centres de soins généralistes ayant la capa-cité d’accueil de cas d’Ebola est insuffisant, en particulier en Guinée où aucun n’est opérationnel. Dans ce dernier pays, les 4 centres spécialisés Ebola sont situés à Conakry à l’Ouest et dans les districts de Guéckédou, Macenta et N’Zéréko-ré. Cette couverture inégale des soins a pour conséquence d’obliger les malades Ebola infectés dans le nord ou l’est du pays à parcourir de longues distances afin d’être traités.
- L'importance de l’implication des communautés et de la mobilisation sociale a été rappelée à l’issue de la réunion qui s’est tenue le 10 et 11 décembre à l’OMS, en présence d’ONG et des ministres de la santé et des finances des 3 pays d’ Afrique les plus affectés par l’épidémie d’Ebola. Le manque d’information sur la maladie, la réticence aux soins, la stigma-tisation des malades sont autant de facteurs pouvant favoriser les expositions à risque et la propagation de l’épidémie : Entre le 17 et 24 décembre, des incidents liés à un refus de coopération ont été rapportés dans 6 % des territoires, vil-lages ou préfectures de Guinée et 14% en Sierra Léone, aucun au Libéria. La mobilisation sociale dans ces 3 pays est gérée pendant l’épidémie par l’UNICEF en partenariat avec l’OMS et d’autres partenaires. Une taskforce de mobilisation sociale, chargée notamment de développer les pratiques d’enterrements sécurisés et de sensibiliser les communautés au besoin d’isoler et de traiter les malades développant des symptômes de maladie Ebola a été mise en place. La stratégie de mobilisation comprend, entres autres, des messages radiophoniques, l’entrainement des chefs religieux aux pratiques d’enterrements sécurisés, l’information aux chauffeurs de taxis et de bus sur les risques de transmission dans les trans-ports publics, réunions publiques. Au 24 décembre, 11 districts sur 15 districts du Libéria, 33 districts sur 38 en Guinée et 4 sur 14 en Sierra Léone assurent un suivi de ces actions de sensibilisation et mobilisation sociale.
(1) UN Mission for Ebola Emergency Response :Plan de réponse de l’épidémie de l’ONU en partenariat avec l’OMS dans les 3 pays les plus affectés (Guinée, Libéria, Sierra-Léone)

 

Préparation des pays d’Afrique non affectés

Compte tenu du risque d’exportation de cas vers des pays non affectés d’Afrique, l’OMS, en collaboration avec l’ONU et d’autres partenaires (IANPHI, GOARN, US CDC et PHE)(2), a accéléré l’envoi d’équipes internationales de préparation (EIP) dans les pays frontaliers des pays affectés. Ces équipes ont pour objectif d’aider les pays à renforcer leur système de santé afin de préparer au mieux la détection, la surveillance et la gestion des éventuels cas importés. A cette fin, une checklist de 10 points essentiels à une bonne préparation (comme notamment, l’existence d’une coordination générale, la diffusion de l’information au grand public, la coopération des communautés locales, la gestion et l’isolement des cas, les enterrements sécurisés, le suivi de contacts et les laboratoires d’analyse) a été mis en place. L’accomplissement de cette préparation est évaluée selon ces 10 points, utilisés comme indicateurs de suivi sur 60 à 90 jours.

(2) IANPHI : International Associations of National Public Health Institutes / GOARN : Global Outbreak Alert and Response Network / CDC : Center for Disease Control / PHE : Public Health England

 

Source: INVS

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