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8 JUIN 2017 | SANAA YEMEN

- En date du 7 juin, on avait dénombré 101 820 cas suspects de choléra au Yémen, dont 791 mortels, et ce chiffre continue à augmenter. Les personnes les plus vulnérables sont aussi les plus touchées: les enfants de moins de 15 ans représentent 46% des cas et les personnes de plus de 60 ans 33% des décès.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) se concentrent sur les régions où le plus grand nombre de cas est notifié afin d’éviter que la maladie ne continue à se propager.

«Ces «points noirs» sont à l’origine d’une grande partie de la transmission du choléra dans le pays», reconnait le Dr Nevio Zagaria, chef du Bureau de l’OMS au Yémen. «Si nous éliminons le choléra à ces endroits, nous pouvons ralentir la propagation de la maladie et sauver des vies. Parallèlement, nous continuons à préconiser un traitement précoce et adapté des malades et nous menons des activités de prévention dans tout le pays», ajoute-t-il.

La course contre la montre pour enrayer la flambée de choléra ne sera pas facile à gagner. Le système de santé du pays a été pratiquement détruit par plus de 2 ans d’intenses conflits. Moins de la moitié des centres de santé du pays fonctionnent normalement. La quantité de fournitures médicales qui arrivent dans le pays a diminué des deux tiers par rapport à celle qui entrait au Yémen avant mars 2015.

«La flambée de choléra aggrave considérablement une situation déjà mauvaise pour les enfants. Un grand nombre d’enfants qui sont morts de la maladie souffraient de malnutrition aiguë», déclare le Dr Meritxell Relano, Représentant de l’UNICEF au Yémen. «Aujourd’hui, les enfants au Yémen doivent lutter avec acharnement pour leur survie, et le choléra, la malnutrition et la violence implacable sont comme une épée de Damoclès au-dessus de leur tête», ajoute-t-elle.

L’UNICEF, l’OMS et leurs partenaires sont sur le pied de guerre pour riposter à cette dernière flambée. Des stations de désinfection de l’eau et des réservoirs d’eau potable chlorée ont été mis en place, des stations d’épuration et des systèmes d’approvisionnement en eau ont été remis en état, des traitements de l’eau domestique ont été fournis et des savons et de la lessive distribués. Tout cela permet de couvrir près de 3,5 millions de personnes dans le pays.

Le choléra est une infection intestinale aiguë provoquée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par le bacille Vibrio cholerae O1 ou O139. Il constitue une menace mondiale pour la santé publique et un indicateur clé du manqué de développement social.

On a observé récemment une réémergence du choléra parallèlement à l’augmentation constante des populations vulnérables vivant dans de mauvaises conditions d’hygiène.

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