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Rapport annuel 2015 de l'OMS sur l'épidémie de tuberculose dans le monde

Dans son rapport annuel sur la tuberculose, l'Organisation Mondiale de la Santé adresse une mise en garde quant à l’évolution mondiale de cette maladie.

L'épidémie de tuberculose est plus importante qu'on ne l’estimait, infectant 10,4 millions de personnes en 2015, tandis que la recherche sur les vaccins et les traitements est « gravement sous-financée ».

Cette situation contraste avec le rapport de l'année dernière de l'Agence de Santé des Nations Unies, qui répertoriait 9,6 millions de personnes infectées par la tuberculose dans le monde entier.

Le nombre de décès a également augmenté, avec 1,8 million de personnes décédées en 2015 soit 300 000 de plus que l'année précédente, selon le rapport mondial de l'OMS 2016.

« Nous menons une bataille ardue dont les objectifs mondiaux sont difficiles à atteindre », a déclaré Margaret Chan, directeur général. « Il doit donc y avoir un énorme intensification des efforts, sinon les pays continueront à être à la traine derrière cette épidémie mortelle et les objectifs ambitieux d’éradication ne seront pas atteints. »

En 2015, le rapport estime que 2 personnes sur 5 contaminées par la bactérie « Mycobacterium tuberculosis » n'ont pas été diagnostiquées et sont sans traitement. Près d'un demi-million de personnes infectées ont été diagnostiquées avec une tuberculose multi-résistante aux médicaments, dont environ la moitié de ces cas en Inde, en Chine et en Russie. Inde, Indonésie, Chine, Nigeria, Pakistan et Afrique du Sud : ces 6 pays représentent 60% des nouveaux cas de tuberculose.

Selon Ariel Pablos-Mendez, Administrateur adjoint pour la santé mondiale à l'Agence américaine pour le développement international (USAID), « la taille de l'épidémie a augmenté en grande partie parce que les chercheurs se sont basés sur des estimations trop faibles pour la période 2000-2015. Des données plus réalistes ont permis aux experts d’affiner leur évaluation et de revoir l'ampleur du problème ».

Cependant, malgré la croissance de l'épidémie, les décès liés à la tuberculose ont chuté de 22 % sur les 15 dernières années, selon le rapport. Mais la tuberculose reste l'une des 10 principales causes de décès dans le monde l'an dernier. Et bien que le taux global d'infection de la tuberculose soit en baisse, ce rythme n’est pas assez rapide, met en garde le rapport de l'OMS. Dans le monde, le taux de déclin de l'incidence de la tuberculose stagne à seulement 1,5 % en 2014-2015, or il doit atteindre une baisse annuelle 4 à 5 % d'ici 2020.

Les problèmes de budget et financement sont également persistants. Le financement au cours de la décennie 2005-2014 n'a jamais dépassé 0,7 milliard de dollars par an, stipule le rapport. Or, « le montant alloué à la RD pour les traitements de la tuberculose devrait être d'au moins 2 milliards de dollars par an. Les ressources déployées contre la tuberculose, la maladie infectieuse qui tue le plus dans le monde, sont en deçà », a déclaré Ariel Pablos-Mendez. « La communauté internationale doit intensifier davantage les investissements maintenant, sinon nous ne pourrons tout simplement pas mettre fin à l'une des plus anciennes et des plus mortelles maladies dans le monde. »

Recommandations de vaccination contre la tuberculose:

A compter du 29 mars 2016, le vaccin BCG contre la tuberculose "polonaise" du laboratoire BIOMED LUBLIN, importé par Sanofi Pasteur MSD est disponible en France suite à la rupture de stock du vaccin BCG SSI. La dose à injecter par voie intradermique est de 0,1 ml, quel que soit l'âge des personnes à vacciner.

Vaccination contre la tuberculose (BCG) en France :

La vaccination par le BCG ne peut plus être exigée a l’entrée en collectivité mais fait l’objet d’une recommandation forte pour les enfants a risque élevé de tuberculose. Pour les enfants exposés a un risque élevé de tuberculose, la vaccination par le BCG est recommandée dès la naissance. Les nourrissons âges de moins de 3 mois sont vaccines par le BCG sans test tuberculinique prealable.

Chez les enfants a risque non vaccinés, la vaccination peut être réalisée jusqu’à l’Age de 15 ans.

Sont considérés comme enfants à risque élevé les enfants qui répondent au moins à l’un des critères suivants :

  • enfant né dans un pays de forte endémie tuberculeuse ;
  • enfant dont au moins l’un des parents est originaire de l’un de ces pays ;
  • enfant devant séjourner au moins un mois d’affilée dans l’un de ces pays ;
  • enfant ayant un antécédent familial de tuberculose (collatéraux ou ascendants directs) ;
  • enfant résidant en Ile-de-France, en Guyane ou à Mayotte ;
  • enfant dans toute situation jugée par le médecin a risque d’exposition au bacille tuberculeux, notamment enfant vivant dans des conditions de logement défavorables (habitat précaire ou surpeuplé) ou socioéconomiques défavorables ou précaires (en particulier parmi les bénéficiaires de la CMU, CMUc, AME…) ou en contact régulier avec des adultes originaires d’un pays de forte endémie.

Les zones géographiques a forte incidence tuberculeuse, selon les estimations de l’OMS, et en tenant compte de certaines imprécisions liées aux difficultés du recueil fiable des données épidémiologiques dans certains pays, sont :

  • le continent africain dans son ensemble ;
  • le continent asiatique dans son ensemble, y compris les pays du Proche et Moyen-Orient ;
  • les pays d’Amérique centrale et du sud ;
  • les pays d’Europe centrale et de l’est y compris les pays de l’ex-URSS ;
  • dans l’Union européenne : Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Portugal, Roumanie.

Conseils aux voyageurs :

La vaccination BCG est recommandée chez les enfants devant séjourner au moins un mois d’affilée dans un pays classé en zone à forte incidence tuberculeuse.

Sources : ProMed Mail, OMS - Calendrier vaccinal français 2016

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