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Nouvel avis de l'OMS sur les vaccins contre l'encéphalite japonaise

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a édité une nouvelle note de synthèse actualisée sur les vaccins contre l'encéphalite japonaise dans le Relevé épidémiologique hebdomadaire. Elle remplace la précédente note de 2006 en actualisant les points concernant la disponibilité, l'innocuité, l'immunogénicité, l'efficacité et la durée de protection de ces vaccins. L'OMS a également publié un résumé des points clefs de ce document.

Epidémiologie de l'encéphalite japonaise

L'encéphalite japonaise est une maladie zoonotique (c'est-à-dire transmise de l'animal à l'homme) virale à transmission vectorielle. Le virus responsable de cette maladie (virus de l'encéphalite japonaise, désigné parfois par l'acronyme VEJ) appartient au genre Flavivirus, tout comme le virus de la dengue ou celui de la fièvre jaune. Ce virus est la principale cause d'encéphalite virale en Asie. Il se transmet principalement par le biais des moustiques du genre Culex et parcourt un cycle enzootique (c'est-à-dire entre animaux) chez les porcs et des échassiers, qui servent d'hôtes amplificateurs. Culex tritaeniorhynchus, l'espèce vectrice la plus importante, se reproduit dans les étendues d'eau et les rizières inondées et pique principalement pendant la nuit.

L'encéphalite japonaise est présente dans tous les pays d'Asie, qu'ils soient tempérés, subtropicaux ou tropicaux, et a fait son introduction dans de nouvelles zones suite à l'importation de vecteurs infectés. Selon les dernières données publiées en 2011, on estime à 3 milliards le nombre de personnes vivant dans les 24 pays, appartenant principalement aux régions OMS de l'Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental, considérées comme à risque d'encéphalite japonaise. Près de 70 000 cas cliniques d'encéphalite japonaise sont rapportés chaque année, entrainant entre 14 000 et 20 000 décès. L'incidence annuelle (nombre de nouveaux cas par an) varie considérablement selon les régions et l'âge des populations touchées ; elle est particulièrement élevée dans certaines régions de la Chine et de la Corée du Nord. Les enfants et adolescents âgés de 0 à 14 ans paient le plus lourd tribut à la maladie. Au Bangladesh, où il n'existe pas de programme de vaccination, plus de 50 % des cas concernent des adultes.

Le diagnostic au laboratoire repose sur la recherche des anticorps IgM spécifiques du virus de l'encéphalite japonaise dans un échantillon unique de liquide céphalorachidien (LCR) ou de sérum. Un échantillon de sérum devra être obtenu lors de l'admission. Le premier échantillon peut être négatif s'il a été prélevé avant l'apparition des anticorps. Dans ce cas, un deuxième échantillon doit être prélevé et testé lors de la sortie du patient, au dixième jour de la maladie ou au moment du décès.

Les vaccins contre l'encéphalite japonaise de nouvelle génération

Les vaccins inactivés préparés sur tissu cérébral murin ont été remplacés par des vaccins de nouvelle génération :

  • vaccins inactivés préparés sur cellules Vero (IXIARO, commercialisé en Europe, JESPECT ou JEEV, disponibles en Asie) ;
  • vaccin atténué vivant (CD.JEVAX employé en Asie) ;
  • vaccin vivant recombinant (ou chimérique) homologué actuellement en Australie et dans plusieurs pays asiatiques (IMOJEV, JE-CV, ChimeriVax-JE).

La co-administration d'un vaccin contre l'encéphalite japonaise inactivé et préparé sur cellules Vero a été évaluée chez des adultes avec un vaccin contre l'hépatite A, un vaccin méningococcique conjugué tétravalent ou un vaccin rabique, sans conséquence sur l'immunogénicité ou la tolérance des vaccins administrés seuls ou non.

Durée de protection : les données sont limitées

Pour les vaccins inactivés préparés sur cellules Vero, on observe chez les adultes une diminution de la séroprotection de 97 % à 48 % après une période de deux ans (données d'une étude conduite en Allemagne et en Irlande). Dans le cadre d'une étude réalisée en Asie chez des enfants de 2 mois à 17 ans, le taux de séroprotection était de 90 % au bout de 3 ans. Actuellement, chez les voyageurs de 17 ans et plus, une dose de rappel est recommandée plus d'un an après une primo-vaccination s'il existe un risque de prolongement de l'exposition au virus de l'encéphalite japonaise. Aucune dose de rappel n'est recommandée pour les enfants.

La note de l'OMS présente également les données disponibles pour les autres classes de vaccins. 

Innocuité du vaccin

Bien que le Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale indique que les profils d'innocuité des vaccins sont acceptables, il souligne également la sous-notification probable des effets indésirables dans les pays où le vaccin est disponible, notamment en Europe, aux Etats Unis ou en Australie pour le vaccin IXIARO, où en Chine pour le vaccin vivant atténué.

En Europe, le vaccin IXIARO fait l'objet d'une pharmacovigilance renforcée dans le cadre d'un plan de gestion des risques (PGR), compte tenu de sa disponibilité récente. 

Recommandations vaccinales : position de l'OMS

La stratégie la plus efficace de vaccination contre l'encéphalite japonaise dans les zones d'endémie est la réalisation d'une campagne de vaccination dans la population à risque, celle-ci étant définie par l'épidémiologie locale et les tranches d'âges les plus à risque (habituellement les enfants ou adolescents de moins de 15 ans) ou l'intégration du vaccin contre l'encéphalite japonaise dans le programme de vaccination des enfants.

La vaccination contre l'encéphalite japonaise est recommandée pour les voyageurs se rendant dans les zones d'endémie dans lesquelles une exposition extérieure de grande ampleur est possible pendant la saison de transmission. Les migrants vers les zones d'endémie de l'encéphalite japonaise devraient être vaccinés.

L'OMS recommande également la vaccination de populations particulières autres que les voyageurs, notamment les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées ou le personnel de santé.

Recommandations vaccinales dans le calendrier des voyageurs en France

IXIARO est le seul vaccin disponible contre l'encéphalite japonaise. Cette vaccination est recommandée chez les personnes âgées de 2 mois et plus dans les circonstances suivantes :

  • séjour en Asie ou Océanie avec exposition importante en milieu extérieur, dans les régions endémiques et plus particulièrement dans les zones rurales (particulièrement celles où l'irrigation par inondation est pratiquée) ;
  • expatriation dans un pays situé dans la zone de circulation du virus ;
  • toute autre situation jugée à risque par le médecin vaccinateur.

Une personnalisation des recommandations vaccinales contre l'encéphalite japonaise et du schéma vaccinal (2 doses à 4 semaines d'intervalle) sont accessibles à partir des sites d'information JeVoyage.net ou MedecineDesVoyages.net.

 

auteur: medecinedesvoyages.net

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